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Idées & analyses· 4 min de lecture

Pourquoi MUSIMA

Pendant des années, on a vu des gens autour de nous construire des choses solides sans que ça sorte jamais de leur cercle. MUSIMA est né de cet écart-là — et du moment où on a arrêté d'attendre que quelqu'un d'autre s'en occupe.

Par MUSIMA

Une petite fille de profil, la main posée contre un store vénitien, regarde à travers les lamelles la lumière dorée de la fin de journée.

On ne va pas commencer par un chiffre. Il y en a assez qui circulent, et de toute façon ce n’est pas un chiffre qui nous a fait monter cette association.

Deux façons de parler de nous, et les deux nous fatiguent

La première, c’est le registre du manque. On parle des Africains quand il y a un problème à raconter : ce qui s’effondre, ce qui manque, ce qu’il faudrait « aider ». Même bien intentionné, ça finit toujours au même endroit — quelqu’un à sauver.

La deuxième est censée être le remède, et elle ne vaut pas beaucoup mieux. Les portraits impeccables. Les parcours qui montent en ligne droite. Les mots comme « inspirant », « visionnaire », posés sur des gens qu’on ne connaît pas. Ça brille, ça circule bien sur les réseaux, et ça ne sert à personne. Parce qu’on ne peut rien faire d’une histoire dont on a retiré tous les endroits difficiles.

Entre les deux, il y a ce qu’on voit tous les jours, et qui n’est ni l’un ni l’autre.

Ce qu’on voit

Des gens qui ont monté quelque chose, ici, sans que ça se sache plus loin que leur quartier ou leur famille. Une activité qui tourne depuis six ans. Un projet lancé à deux, le soir, après le travail. Une pratique construite lentement, à force de recommencer.

Rien de spectaculaire pris séparément. Mis bout à bout, énorme.

Et à chaque fois la même chose : quand on demandait comment ils s’y étaient pris, la réponse durait une heure et valait dix conférences. Comment trouver le premier client. Comment on fait quand on n’a pas la nationalité, pas le réseau, pas le compte en banque qui rassure. À qui on demande de l’aide, et à qui on n’en demande surtout pas.

Cette heure-là, personne ne l’enregistre. Elle reste dans une cuisine, et elle s’arrête là.

L’écart

Voilà ce qui nous a décidés. Pas une injustice abstraite — un écart très concret.

D’un côté, des gens qui savent des choses parce qu’ils les ont faites. De l’autre, des gens qui auraient besoin de ces choses-là et qui ne les entendront jamais, parce qu’il n’existe aucun endroit où ça se dit.

Pendant un moment, on a attendu. On a cherché qui organisait ça, à Barcelone. On a trouvé des réseaux professionnels, des salons, des choses très bien par ailleurs, mais rien qui ressemblait à ce qu’on cherchait. Alors on a arrêté d’attendre.

Ce que MUSIMA fait, concrètement

On invite des personnes qui ont déjà fait quelque chose. Pas des « talents à découvrir » — on a écarté ce mot exprès, il place toujours celui qui parle au-dessus de celui dont on parle. Des gens qui font, et qui viennent raconter comment.

On leur demande le détail. Le début, l’argent, les erreurs, les gens qui ont aidé, ceux qui n’ont pas répondu. Et on laisse la salle poser ses questions, y compris celles qu’on n’ose pas poser ailleurs.

Trois mots résument ce qu’on cherche : valoriser, connecter, construire. Rendre visible ce qui existe déjà. Mettre en présence celles et ceux qui peuvent se rencontrer. Et aider une connexion à devenir quelque chose qui se construit.

Ce qu’on ne veut pas que ça devienne

Un réseau où l’on vient collecter des contacts. Une plateforme qui promet des opportunités à distribuer — nous n’avons rien à distribuer, et les gens qui viennent n’ont pas besoin qu’on leur promette quoi que ce soit.

On ne veut pas non plus d’une vitrine. Si quelqu’un vient raconter que tout a été simple, on aura raté la soirée.

Pourquoi Barcelone

Parce qu’on y vit, et parce que c’est là qu’on connaît les gens. Ce n’est pas une déclaration stratégique, c’est juste honnête.

Ça ne veut pas dire que ça s’arrête ici. Ce qui se dit à Barcelone se dit aussi à Marseille, à Lisbonne, à Douala, à Dakar. La Catalogne est un point d’ancrage, pas une frontière. Mais on commence là où on a les pieds.

La suite

La première rencontre a lieu le samedi 26 septembre 2026, de 16h30 à 20h. Elle s’appelle « Ce qui se construit ici ». Tu peux venir sans connaître personne — c’est même un peu le but.

Et si tu as monté quelque chose et que tu te dis en lisant ça que ton histoire n’a rien d’exceptionnel : c’est exactement le genre d’histoire qu’on veut entendre. Écris-nous.

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